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Notre-Dame de Condat

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Histoire de Notre-Dame de Condat, extraits d’une notice rédigée par Monsieur l'Abbé LATOUR, publiée en 1895

Retrouvez encore plus d'infos sur la chapelle de Condat sur http://www.chapelledecondat.fr

"Cette notice n'est point une œuvre d'érudition, mais simplement une patiente compilation de tout ce qui a été écrit sur Condat et son pèlerinage" (Abbé LATOUR)

SON ORIGINE


Condat, charmant bourg, d'environ 1.200 habitants, au sud-est et à un kilomètre et demi de Libourne est situé sur la rive droite de la Dordogne, à l'entrée d'une presqu'île formée par une immense courbe que la rivière décrit à cet endroit.
Ce n'est pas comme l'ont pensé à tort quelques historiens, le Condat primitif dont parle en particulier le poète Ausone  .Ce Condat primitif, qui forma plus tard la ville de Libourne, était au confluent même de l'Isle et de la Dordogne et consistait en un port et un bourg habité, disent certains auteurs, par une colonie de Liburniens. Ce qui autorise cette assertion, c'est que le mot Condate, en langue celtique, veut dire confluent ; du reste, dans la paroisse qui porte actuellement le nom de Condat, on ne trouve aucune trace d'un port quelconque
Notre Condat d'aujourd'hui tire son origine d'un château bâti par Guillaume le Pénitent, duc de Guyenne. Ce Château fut appelé dès le début Castrum Condate ou chastel de Comphuac, à cause de son voisinage avec le Condat des Liburniens .
Afin de ne pas confondre les deux Condat, on désigna souvent, dans les actes publics de l'époque, le plus ancien sous le nom de Condat-lès-Liboùrnes. Ce n'est que quand celui-ci devint définitivement Libourne, que le château seul s'appela Condat et, après sa disparition, le nom demeura uniquement au village qui s'était formé peu à peu autour de ses murailles
Ce château devait avoir bien des charmes et des agréments, car les rois d'Angleterre Henry III, Edouard 1er, le Prince Noir et la Princesse de Galles, son épouse, y séjournèrent trés souvent  et firent des fêtes splendides.
Mais, après la bataille de Castillon, les soldats de Charles VII se portèrent sur Condat, et cette fois, la forteresse féodale disparut pour toujours, sauf la chapelle, qui fut agrandie un peu plus tard et qui devint plus que jamais l'objet d'une grande vénération.

 

LA CHAPELLE

Dans les dépendances du château se trouvait, en effet, une chapelle dédiée à la Très Sainte Vierge. La chapelle était  à une certaine distance en dehors des grandes murailles du château et servait à la fois aux châtelains, aux tenanciers, aux serfs et aux manants des environs
Cette chapelle parait avoir été construite aux XI siècle, du moins dans la partie la plus ancienne, celle qui va de la porte d'entrée vers le sanctuaire. On peut s'en convaincre aux contreforts peu saillants et à quelques fenêtres à plein cintre qui ont été bouchées. Tout indique à l'origine une construction romane. 

Plus petite au début, elle fut restaurée et agrandie dans la deuxième moitié du XV siècle, probablement par les soins et sous les auspices de Charles de Berry, frère de Louis XI, alors gouverneur de Guyenne.

A la grande Révolution, l'ancienne chapelle fut vendue comme bien national et convertie en cellier, après avoir été entourée, à l'est, de grands bâtiments qui englobaient son abside. La justice fait un devoir de dire ici que les propriétaires de l'époque la conservèrent dans son intégrité et  n'y laissèrent commettre aucune dégradation.

Elle fut rachetée en 1865 et offerte à l'abbé Chabannes. Sans aucune rétribution beaucoup de paysans et d’habitants des palus de Condat, dégagèrent des débris, des terres et des ronces ce vénérable monument .
Trois ans plus tard, quand les travaux de restauration furent totalement achevés, on fit l'inauguration solennelle de la chapelle, le 8 décembre 1868.

 

La chapelle de Condat est formée d'une seule nef de 31,75m de long sur 7,30m de large. La voûte est divisée en cinq travées par des arcades ogivales en pierre.  A la dernière travée occidentale, la grande artère s'infléchit comme pour laisser place à un réduit d'escalier. C'est un vrai tour de force de combinaisons architecturales et d'équilibre dans cette partie de la voûte.

Aucune travée n'a la même dimension ; elles deviennent de plus en plus longues au fur et à mesure qu'elles se rapprochent du sanctuaire.  Ce détail, qu'on remarque dans la plupart des églises et des chapelles du moyen âge, est admirablement reproduit ici. C'était un calcul voulu par les architectes de l'époque, de cette façon, par un heureux effet d'optique, de la porte d'entrée, toutes les travées paraissaient avoir les mêmes dimensions et la même longueur.
Vers le fond, elle est inclinée également du côté du midi, selon l'habitude de l'époque, afin de rappeler Jésus mourant et laissant tomber sa tête sur sa poitrine, du côté du cœur.

 

Au point de jonction des nervures, on voit des écussons et des fleurons d'une grande richesse, ainsi que des figures d'anges  et une troupe d'autres figures. L'arc triomphant est, à la retombée de chaque lobe, orné de festons chargés d'animaux fantastiques, ceux de droite symbolisant les vertus, ceux de gauche symbolisant les vices. Au sommet de l'arc, un ange tient un étendard.
A la seconde travée, la clé de voûte forme un écusson à trois fleurs de lis surmonté d'une couronne ducale et soutenu par des animaux fantastiques.
La clé de voûte de la troisième travée, celle du milieu montre la Vierge assise tenant l'Enfant Jésus sur ses genoux. Cette Vierge est semblable a celle qui est sur un socle a droite du sanctuaire.
Sous la clé de la quatrième travée est un évêque ou archevêque, portant crosse et mitre . Sur les côtés, deux motifs représentant, l'un, deux anges adorateurs, l'autre, deux personnages qui symbolisent le vice.
A la dernière travée, près de la porte d'entrée, la principale clé de voûte représente un Agnus Dei avec sa croix ; deux autres contiennent des inscriptions en écriture cursive qu'il est impossible de déchiffrer.
Parmi les autres sculptures répandues à profusion dans tout l'édifice, on distingue un groupe, Adam et Eve prenant du fruit défendu à l'arbre autour duquel le serpent est enlacé, quatre fleurs de lis bout à bout, un buste de fou à oreilles d'âne, un homme buvant à une gourde, des feuillages, une chauve-souris soutenant une console, etc.
On voyait jadis dans la chapelle de Condat un splendide autel du XVI siècle surmonté d'un retable en bois sculpté et doré . Cette œuvre d'art n'a pas été conservée et a été remplacée par un autel moderne.

SCULPTURES, EX VOTO et VITRAUX

Jusqu'à la Révolution, la chapelle de Condat fut en grande vénération, à cause de la petite statue en bois de chêne qui se trouve dans une niche au-dessus du maître autel.

Cette statue mesure O,50 m. de hauteur. La Sainte Vierge est représentée debout tenant l'Enfant Jésus sur le bras gauche ; celui-ci, portant le globe du monde, repose ses pieds croisés dans la main droite de sa Mère. L'antique madone est peinte, robe rouge, manteau bleu semé de croix d'or. Ses cheveux noirs retombent tressés sur ses épaules et sur sa poitrine.

Cette statue, qui n'était primitivement qu'un tronc de chêne, fut trouvée, dit une légende dans les sillons d'un champ sur la paroisse de Saint-Émilion, où elle avait dû être cachée à l'époque des guerres de religion dans le dessein d'éviter un vol ou une profanation. Reconnue plus tard pour être la madone de Condat, elle fut transportée   en procession et définitivement installée dans son sanctuaire.

Condat devint à partir de cette époque le rendez-vous de pèlerinages plus nombreux que jamais.

Cette vénérable statue fut sauvée en 1793 et fuit emportée, cachée dans le tablier d'une petite fille . Dans la suite, elle passa entre plusieurs mains puis la statue fut   remise dans la chapelle

 

A droite du sanctuaire, sur un piédestal, il y a une autre statue   en silex ; c'est un énorme caillou, creux par derrière taillé par-devant en forme de madone. Le trône sur lequel elle est assise est en pierre.

Cette madone, comme on en trouve certainement peu, mesure O,55 centimètres de hauteur. Elle est vêtue d'un costume rappelant le commencement du XVI siècle et coiffée d'un diadème orné de festons et de pierreries simulées ; elle a la chevelure pendante ; de chaque côté de sa coiffure tombent des barbes ou bandeaux. Un manteau bleu à larges rebords est orné de croix rayonnantes. Elle tient sur ses genoux l'Enfant Jésus qui porte dans ses mains la boule du monde, ce dernier est à moitié enveloppé d'un manteau vert. La chaise ou trône sur lequel est assise la Vierge est orné de moulures et peint couleur marron.

De quelle époque est-elle ? Quel est l'artiste qui l'a sculptée et ciselée ? Les documents à ce sujet manquent absolument.

 

On avait dans tout le pays de Guyenne une grande dévotion à Notre Dame de Condat . On voyait, comme aujourd'hui à Lourdes et à Verdelais, appendus à ses murs et à ses voûtes des ex-voto de toutes sortes : bras, béquilles, jambes, tableaux et petits navires.

Les marins de Libourne et ceux des différents ports de 1'lsle et de la Dordogne eurent toujours confiance en Notre Dame de Condat. Echappés au naufrage par son intervention, ils ne manquaient jamais de venir la remercier dans son sanctuaire. Ainsi, de chaque côté de l'arceau, se trouve un navire renfermé sous globe.  A la sacristie, on voit trois ex-voto. Beaucoup de ces ex-voto ont malheureusement disparu.

L'église est encore ornée de onze vitraux représentant la vie de la Sainte Vierge. Celui du fond du sanctuaire reproduit exactement la madone de la niche qui est au-dessus du tabernacle. Ils sont modernes (Villiers : 1874, Lusson-Lefèvre : 1876)

Les fleurs de lis du dallage du sanctuaire : elles sont du XV siècle et on admire la finesse de leur découpure. Ce sont les mêmes qui ont été retrouvées peintes en rouge sur la voûte de l'abside.

La Chapelle de Condat était jadis au centre même d'un cimetière ; on y découvrit, il y a quelques années, d'assez nombreux ossements et présentement encore, sur le mur du côté Nord, on peut lire, gravés à la pointe du couteau, des inscriptions et les noms des personnes décédées.

Non loin de la chapelle se trouve  une fontaine dite Fontaine de la Vierge. La tradition veut que les jeunes filles y jettent des épingles. Si ces épingles se croisent, elles se marieront, prétendent-elles, dans le courant de l'année. L'eau de cette fontaine possède, parait-il, des propriétés curatives pour les maladies des yeux.

 

Retrouvez encore plus d'infos sur la chapelle de Condat sur http://www.chapelledecondat.fr

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